Depuis l’annonce de la mise en place de la réforme sans reste à charge, la mutuelle nationale territoriale décide de modifier certains critères de sa stratégie d’offre territoriale individuelle de santé. Précédemment classée en 6 niveaux de garantie, elle n’en dénombre plus que quatre aujourd’hui avec un premier niveau qui n’intègre pas le cadre du reste à charge 0 ! Cette décision a bien entendu été murement réfléchie, quoique « frustrante » mais « bien accueillie par l’assemblée générale car elle répond à un vrai besoin de certains territoriaux », déclare Laurent Adouard, le directeur général.


 En effet cette décision de non-adaptation à la réforme 100% santé est choisie pour ne pas impacter financièrement la majeure partie des adhérents de la MHT : « Environ 70% de nos territoriaux sont de catégorie C (NDLR : plus basse des trois catégories hiérarchiques dans la fonction publique), avec des salaires assez faibles. […] l’écart entre notre précédent niveau d’entrée de gamme et ceux du RAC 0 peut être chiffré autour de 15-20% sur les cotisations », estime Alain Gianazza, président de la MHT, qui précise ensuite qu’une différence de quelques euros pour les populations aux revenus assez bas ne peut pas être envisageable.
La réforme impacte également la mutuelle nationale territoriale d’une seconde façon : « Nous avons environ 30% de retraités dans notre portefeuille, qui sont donc concernés par le risque audio, en termes de prises en charge supplémentaires, nous serons donc fortement concernés… alors que d’autres acteurs du marché, quasiment pas ! ». Une contrainte supplémentaire qui a donc conduit à des « arbitrages difficiles à prendre », comme cette nouvelle entrée de gamme !